Je réfléchie depuis un petit moment sur l’invisible et le secret. Ce 

que nous ne voyons pas, ce que nous n’entendons pas. Pourtant, 

des entités qui existent dans notre vie: autour de nous et surtout 

dans notre âme. 

A travers mon travail, j’ai envie de lancer la discussion de ce qui 

est la création. La création au sens large du terme: s’inventer soi même, se réinventer, récréer la vie encore et encore durant toute 

notre existence. 

Nous sommes toujours quelque part dans l’inachevée, car nous 

sommes toujours en train de devenir. Cet état de « non fini 

éternelle» est un espoir: toutes les possibilités sont ouvertes à 

nous à chaque instant durant toute notre existence jusqu’à la 

mort. 

La mort serait elle l’achèvement de la vie? 

Nous marchons sur un chemin qui nous amène de ce qu’on voit à 

ce qu’on ne voit pas. Nous avançons continuellement vers 

l'inconnu, l'invisible.

La vie se déroule; le temps nous change; nos mémoires et nos consciences nous forment. Puis, le vide et le silence nous

dynamisent. 

Avant d'être une image, c’est un récit. Le « moi » changeant 

malgré moi avec le temps et comme le temps. 

Dans cette temporalité et dans cette intemporalité, j’essaie de 

trouver une vérité, non pas une vérité absolue mais une vérité 

poétique, sur l’amour, le regret, le temps, les souvenirs, le 

silence, le vide, pour arriver, in fine, à cette fameuse notion du

« désir ». 

Par « désir », il ne s'agit pas ici du désir amoureux, mais le désir 

comme une force de vie, une énergie qui nous porte, nous 

emporte.

Elle nous amène chaque fois quelque part dans l’inachevée à ce magnifique lieu du métamorphose.

Le désir de créer est le désir de se métamorphoser et devenir autre chose. 

Pourrait-on pressentir, dans la « création », un soupçon de 

l’infinie, quelque chose de sacrée, quelque chose qui effacerait 

l’espace-temps? Est ce qu’on pourrait pressentir un soupçon de 

quelque chose qu’on pourrait qualifier de divin? 

Je suis à la recherche d’un langage poétique, qui est 

essentiellement métaphorique.